Aujourd’hui, il veut briser le tabou. Le joueur de football Ross Barkley s’est livré sur son addiction à l’alcool dans les colonnes de la presse britannique. Auprès de The Athletic, il confie avoir arrêté de boire : « Je n’ai pas bu depuis l’été. […] Je compte m’abstenir de boire de l’alcool pendant tout le reste de ma carrière. Cela a engendré des situations que je ne souhaite plus voir se reproduire ».
L’ancien grand espoir d’Everton assure que cette addiction est désormais derrière lui et qu’il veut se consacrer à sa carrière sportive : « Je suis papa maintenant, j’ai plus de responsabilités. Il me reste peut-être quatre, cinq, six ou sept ans dans le football, alors je veux en profiter au maximum. […] L’alcool, pour la plupart des gens, peut créer des problèmes – je m’en rends compte maintenant ». Le joueur veut tirer un trait sur sa consommation d’alcool : « Sans alcool, il n’y a pas de problèmes. On peut avoir les idées claires tous les jours et ça n’a pas d’impact sur la santé mentale ».
À cause de l’alcool, le joueur a été écarté de certaines rencontres : « Il m’est arrivé de sortir, et quand on boit trop, on fait des choses qu’on regrette. Je sortais, je buvais plus que de raison, et ça finissait par se savoir au club. Une fois, je suis sorti un dimanche à Liverpool, alors qu’on avait un match le mercredi. J’ai été filmé, et la vidéo s’est retrouvée dans le journal ». Son coach avait alors immédiatement réagi : « Il n’a pas pu me dire grand-chose, à part me conseiller d’en tirer des leçons et de choisir le bon moment pour agir, car il savait ce que c’était d’être jeune. Ma punition, c’était de voyager avec l’équipe, mais de ne pas être sur le banc. J’ai dû regarder le match dans le car. C’était dur à encaisser ».
Sport et alcool, des liaisons dangereuses
En 2024, une étude menée par la Northwestern University Feinberg School of Medicine s’est intéressée à la proportion de la consommation d’alcool chez les sportifs. D’après les conclusions de cette enquête menée sur 150 participants de 18 à 89 ans, les personnes ont tendance à boire plus d’alcool les jours où ils pratiquent du sport, que pendant leurs jours d’inactivité. « Une fois que les activités sociales de fin de semaine débutent, on observe que les activités physiques augmentent, et la consommation d’alcool aussi », résume David E. Conroy, professeur en médecine préventive et auteur principal de l’étude. Chez les sportifs, l’alcool pourrait être vu comme une récompense ou une aide pour supporter la pression.
Quelques années avant, en 2016, la Fondation pour la Recherche en Alcoologie a mis en évidence l’existence d’une relation entre l’addiction au sport et la consommation excessive d’alcool. Précisément, les personnes présentant les critères d’une addiction au sport sont presque trois fois plus nombreuses à montrer les signes d’une consommation problématique d’alcool. « L’association sport et alcool est intuitivement peu compatible, on serait donc plutôt en présence d’une consommation excessive de type ‘3e mi-temps’ », soulignait alors le professeur Philip Gorwood, président du comité scientifique de la Fondation.
Sources
« Je n’ai pas bu depuis l’été », le témoignage sincère de l’ex-Niçois Ross Barkley sur son problème avec l’alcool, RMC Sport, 12 novembre 2025
Les accros au sport sont trois fois plus sujet à des problèmes d’alcool que les sportifs occasionnels, Figaro, septembre 2016
Les sportifs consomment-ils plus d’alcool (ou pas) que les autres ?, Ouest France, janvier 2024
