Karim, 64 ans, était accro à l’héroïne, avant de passer au crack. Il a vécu à la rue pendant plus de trois ans, traversé une période d’abstinence avant de replonger. Fabrice, 45 ans aujourd’hui, a, lui, consommé le « caillou » (du crack) en Guadeloupe, avant d’arriver en métropole il y a six ans, après plusieurs cures puis de rechuter lui aussi. « Le crack te traîne. Il est toujours devant toi. Tu essaies de gérer, mais il y a toujours le risque de croche-pattes. C’est contre ça qu’on se bat », analyse le quarantenaire.
Leurs destins ont fini par se croiser à Paris, au sein de l’association Aurore, qui intervient auprès des consommateurs. Après avoir fréquenté plusieurs de ses centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogue (Caarud) à Paris en tant que consommateurs, Karim et Fabrice en sont aujourd’hui salariés, avec le statut de travailleurs pairs. Un emploi qui repose sur le principe d’un accompagnement des personnes par des « pairs », qui ont donc été confrontés aux mêmes expériences de vie, en l’occurrence la consommation de drogues….
